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Témoignage

Chantal : « Je croyais le chercher, mais c’est lui qui me cherchait »

Chantal

De Marseille au Maroc, puis de Saint-Quentin à Roscoff, Chantal a beaucoup cherché Dieu, parfois tous azimuts. Cette ancienne cavalière raconte avec humour un chemin semé d’obstacles, et d’une grâce toujours là pour la rattraper.

Chantal

Une enfance entre deux rives

Née à Marseille, Chantal grandit au Maroc dans une famille musulmane. Petite fille contemplative et rêveuse, elle a 12 ans quand son père, cheikh de la petite communauté de Français musulmans, veut lui faire réciter la profession de foi de l’islam. Elle refuse, elle qui n’avait pas l’habitude de lui désobéir. « Je serais bien en peine d’expliquer ce qui m’a prise. »

La boussole perdue

Le retour en France est brutal, et elle y perd tous ses repères. « “Mon” Dieu, si présent jusqu’alors, semblait être resté de l’autre côté du détroit de Gibraltar. » Elle cherche alors «tous azimuts» : au Consistoire israélite à Paris, où elle trouve porte close, puis dans des cours d’hébreu à la synagogue de Creil. «Azimutée ? Non ! Je cherchais la boussole divine.»

« J’avais le sentiment de le chercher… mais c’est lui qui me cherchait ! »

Le bus, Roberte et Saint-Quentin

Six jours sur sept, Chantal prend le bus avec Roberte. Elles parlent de tout et de rien, et Roberte l’invite à partager ses repas du dimanche. Un jour, elle l’emmène à une convention évangélique à Saint-Quentin. Chantal y va à reculons : tout lui semble « sentir la naphtaline ». Mais une jeune Anglaise, juive messianique, y donne son témoignage, et Chantal a le sentiment qu’elle est venue pour elle. Au moment de l’appel, elle est « extirpée » de son siège. «Je suis revenue une autre personne, avec l’ancienne sous le bras.»

Des obstacles, et un filet

La vie n’est pas devenue un long fleuve tranquille pour autant. «J’ai pris de sacrées bûches en sautant les obstacles, mais lui était toujours là pour me rattraper», comme dans un haveneau céleste. « Ses anges ont du boulot ! » Elle en sourit : «Je me serais tellement ennuyée dans une vie tranquille !»

Une porte qui s’ouvre à Roscoff

Après quarante-cinq ans dans la région, et quelques sorties de route, y compris du côté des Églises, Chantal passait souvent devant le petit temple de la rue du Docteur-Bagot. «Quand rouvriras-tu ?» se demandait-elle. «Ce que j’ignorais, c’est que le cœur de Roc’h Ar Mor battait déjà à l’intérieur !»

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